Voici des photos de voyage en Grèce continentale à l'été 2018 (volet 1/2).

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La boucle (3 semaines) : Athènes et ses musées, puis le "tour" du Péloponnèse, Delphes et retour Athènes.

Les photos de ce voyage sont complètement axées sur le patrimoine archéologique / historique ainsi que sur le cadre naturel.

Le "bla-bla" qu'on peut sauter (ou pas) :

Sur le plan civilisationnel, il y aurait trop à dire sur tout ce que nous a légué la Grèce antique, directement ou indirectement, et qui irrigue nos modes de pensée, notre langue, notre culture en général, sans parler de la fameuse "Démocratie". L'héritage est colossal. Il faudrait entrer dans le détail pour saisir la complexité, parfois l'ambivalence de ce leg. Par exemple : la "philosophie grecque" - ce "miracle grec" ayant si vivement influé sur la pensée occidentale - ne signifie grosso modo rien : entre Homère et Hésiode, Pythagore, Démocrite, Héraclite, Socrate puis Platon, Aristote... et tous les autres, l'Histoire est dense, complexe, parfois contradictoire (ou complémentaire), les glissements de sens sont nombreux (cf la notion de "Mythe" qui ne signifie plus la même chose à quelques siècles d'intervalle : vérité profonde ou mystification mensongère ?) : certains voient dans Socrate le début du lever de soleil de la Raison (rationnelle) sur l'Occident, d'autres pensent que Socrate malgré son génie signait aussi le début de la fin du génie grec et celui d'une forme de décadence de l'Occident qui perdure de nos jours... On peut aussi se demander si ce n'est pas un mélange des deux, selon les plans d'interprétation qu'on évoque (le Mythe est d'ailleurs à la fois "mensonge" et "vérité profonde")... Attention aux résumés rapides donc.

Il faudrait aussi rappeler l'interaction entre Rome et Athènes, ou encore celle entre l'Egypte et la Grèce et leurs multiples ramifications. Ce "terreau" Egypte / Grèce / Rome / Espace judéo-chrétien a fortement interagi et créé les soubassements de notre civilisation. Nous y avons ajouté quelques "ingrédients", parfois importants (ou dont nous nous gargarisons)... et nous en avons perdu d'autres, qui nous rattrapent parfois. Pour un "philosophe" de la Grèce antique (à part les sophistes), l'Idée ne se conçoit pas sans sa mise en acte, sans son "incarnation" : le philosophe vit sa pensée et ne se contente pas de conceptualiser. Imaginer que la philosophie se réduise à un exercice de pensée est une aberration. Si la Raison oriente le Logos (la capacité de dire les choses, de trouver un langage commun sur une assise rationnelle, pour se comprendre et construire ensemble la "Cité"), il n'en reste pas moins que pour nombre des courants de la pensée de la Grèce antique l'enjeu n'est pas seulement la pensée mais l'inscription de l'homme dans le "Cosmos", mot grec signifiant l'univers faisant sens, ordonné : sensation de trouver sa juste place dans un monde qui nous dépasse et qui pourtant fasse sens pour nous. Et ce monde est tissé de nécessités enchevêtrées auxquelles la sagesse consiste peut-être à apprendre à dire "Oui" (quelques belles pages d'Albert Camus ou de Friedrich Nietzsche sur le "Grand Oui" des Grecs - pour autant pas un fatalisme au sens où on l'entendrait aujourd'hui, qui mènerait au renoncement de toute action).

Les Grecs nous ont légué la Tragédie (Eschyle, Sophocle, Euripide...) : le destin d'un homme lui est annoncé par un oracle ; ce destin étant jugé inacceptable par cet homme, il va s'ingénier à le contourner et c'est dans sa façon même de chercher à le contourner qu'il va provoquer la réalisation de ce destin. Leçon inépuisable et inépuisée depuis plus de 2000 ans, juste revisitée, reformulée, versifiée ou non... Mais pour les Grecs ce n'est pas seulement un spectacle à aller voir un soir mais bien une profonde leçon de vie.

Qu'a-t-on dit d'essentiellement nouveau depuis les Grecs ? Bien des choses qui s'adaptent à l'évolution de notre Civilisation bien sûr (à commencer par une Démocratie qui s'entende désormais incluant les femmes et sans esclaves... si possible : il reste du travail !), mais leurs enseignements (au pluriel donc de la diversité de leur pensée magistrale) restent d'une profondeur abyssale.

On a tous à l'esprit tel ou tel mythe grec : Oedipe ; Thésée, Ariane (et son fil) et le Minotaure ; Icare se brûlant les ailes, trop proche du soleil ; Prométhée volant le feu des dieux ; la douleur de Déméter cherchant sa fille Perséphone enlevée aux enfers, et privant l'humanité de l'agriculture (donc la vie) tant qu'elle ne l'aura pas retrouvée, etc. La mythologie grecque n'est pas un mode de pensée dépassé par la Raison triomphante (et parfois atrophiée sur un plan plus profond), elle est une explosion de pistes de réflexion et de recherche de progression touchant au matériau constitutif de la psyché humaine, en profondeur. Si les dieux de l'Olympe indiquent, sous une forme symbolique, de multiples facettes de l'Homme (dans son idéalité et dans ses défaillances) qui ne demandent qu'à être rassemblées, unifiées, pour permettre un accomplissement de l'Homme en tant qu'Homme (et non juste un "consommateur" pendant quelques décennies et quoiqu'il advienne après lui), alors ce foisonnement mythologique est un vrai coffre aux trésors, un jeu de pistes fabuleux, non pas intellectuel mais pratique, profond, une école de réalisation bien avant les rubriques "développement personnel" de nos magazines...

On commence avec Athènes et ses musées.

Cliquer sur une photo pour l'agrandir (notamment les panoramas), et taper la touche Esc ou Echap du clavier pour ressortir du zoom (ou cliquer sur la petite croix).

L'Acropole à Athènes, fascinante, à contempler sous toutes les coutures, en tournant autour, en y montant, en s'éloignant, depuis la terrasse d'un restaurant ou d'un hôtel...

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Dorique, Ionique, Corinthien (ici : cf le travail du chapiteau)... : rappels de collège... Mais la colonne est avant tout perçue comme verticalité dans le monde antique (et pas que) : elle relie la Terre et le Ciel, elle indique la capacité de l'Homme à s'élever au-delà de ses contingences matérielles. Elle s'écroule et est à jamais à restaurer (au fait, que laisserons-nous comme architectures aux archéologues du futur ? Et que subsistera-t-il de nos supports numériques ? Le "progrès" peut-il se penser sans sa transmission à long terme ?)

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 Les célèbres cariatides : des colonnes "vivantes".

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Le Parthénon, éternel... (et éternellement en travaux !)

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Une cariatide vue de dos (Musée de l'Acropole, absolument magnifique - mais toute une partie interdite à la photographie)

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Magie ? Mystères ? Une étrange sphère dont on ne sait à peu près rien...

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Au musée archéologique national, le "masque d'Agamemnon" (mais l'était-ce vraiment, et si oui n'a-t-il pas été "arrangé" par son découvreur, il y a débat). 

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La représentation dans les civilisations antiques (et plus tard : cf notre occident médiéval par ex., sans parler de la science-fiction moderne, de Harry Potter, etc.) d'animaux fabuleux de type Griffons par exemple permet de symboliser la capacité à harmoniser d'apparentes contradictions : un animal à la fois "terrestre" et "aérien" symbolise la capacité de l'être humain à ne pas se réduire à son animalité mais à s'éléver (sans pour autant renier son caractère matériel) : symbolisation de l'alliance possible entre "matériel" et "spirituel" (reste à définir "spirituel").

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Les bien connues déesses des îles cyclades...

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Une sensation de déjà vu dans un livre au collège ou au lycée ? Impressionnant à voir "en vrai" en tout cas.

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La pièce suivante (vers -440 av. J.-C.) est de taille imposante (grosso modo taille humaine) ; elle représente la déesse Déméter (à gauche) qui remet un grain de blé à un Myste (quelqu'un qui se fait initier à un "Mystère") lors d'une initiation aux Mystères d'Eleusis ; lequel Myste est béni par Perséphone, à droite. Il s'agit là d'une pièce très rare puisqu'il n'existe que très peu de vestiges liés aux cultes "à Mystères" d'Eleusis, et encore moins représentant directement une scène d'initiation, lesquelles étaient secrètes.

Démeter et Eleusis ? Perspéphone ? Grain de blé ? L'explication qu'on peut sauter (ou pas) : Déméter est déesse de l'agriculture (donc de la Terre... et de ce qui permet à l'Homme de subsister). Sa fille, Perséphone, se fait enlever par Hadès, le dieu des Enfers (non sans la complicité de Zeus, son frère). S'ensuit une série de péripéties ; en substance, de douleur, Déméter partie à la recherche de Perséphone rend stérile la Terre tant qu'elle n'aura pas retrouvé sa fille. Zeus finit par s'émouvoir de la situation. Hermès, préposé aux allers-retours entre Ciel, Terre et Enfers, va chercher Perséphone, mais celle-ci, en cours de remontée des Enfers, mange un grain de grenade (fruit très chargé symboliquement dans de nombreuses civilisations) que lui avait laissé Hadès. Elle ne peut théoriquement plus remonter sur Terre puisqu'elle a mangé du fruit des Enfers. Une négociation s'ensuit entre Zeus et son frère Hadès, à l'issue de laquelle il sera convenu que Perséphone passera une partie de l'année sur Terre et l'autre dans les Enfers. Ainsi s'établira le rythme des saisons qui oriente la fertilité puis le repos de la Terre qui nourrit l'Homme. Déméter réactive alors la fécondité de la Terre, l'Homme est sauvé, il va pouvoir subsister entre Cieux et Enfers (à sa juste place), selon une rythmique cyclique de "vie" et de "mort" qui va devenir partie essentielle de sa vie. Les "Mystères" vont alors être créés à Eleusis, où Déméter a fait étape dans sa quête (pour les passionnés de ce genre de choses : le parallèle avec la quête d'Isis cherchant son Osiris démembré est frappante). Les Mystères d'Eleusis seront l'occasion de fêter le mystère de l'entrelacement de la vie et de la mort au coeur même de la condition humaine. Quoi de mieux pour symboliser cela que le grain de blé qui a besoin d'être enseveli en terre, à la limite de la pourriture, pour réémerger sous la forme d'un épi qui portera de nombreux grains ?

A prendre comme une jolie histoire d'il y a bien longtemps (donc un peu "dépassée") ou comme une leçon faisant toujours sens profondément ("spirituellement", "psychologiquement", "ontologiquement"...).

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La Grèce antique a été marquée par ses échanges avec la culture de l'Egypte, dont le sommet civilisationnel l'avait précédée. Sur le plan culturel et religieux (disons "spirituel"), l'interaction est profonde et complexe, parfois déformée aussi. Il est intéressant de voir comment les Grecs ont "assimilé" certains motifs de pensée égyptienne pour les redigérer. Les Romains sont passés ensuite, procédant à leur propre assimilation, et on trouvera des Temples érigés à la gloire d'Isis un peu partout dans l'Empire Romain, jusque très tardivement.

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La figure d'Isis (d'une grande profondeur) et le mythe reliant Isis, Osiris et Horus (...et Seth, Nephtys et Anubis, chacun ayant un rôle marquant) a fortement marqué la Grèce.

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Bien des choses spirituelles sont décrites sur cette poitrine féminine particulièrement réaliste. Aucune contradiction : en Egypte comme en Inde et ailleurs, le lait est archétype de la nourriture, de la fécondité... et/mais il n'y a pas que les nourritures matérielles. Pour le faire saisir : représenter des enseignements spirituels sur des supports "qui parlent" à la vie de tous les jours tout en dégageant une symbolique qui sera saisie, consciemment ou inconsciemment... (en Inde, la vache est sacrée, elle produit le lait à la fois nourriture bien réelle et symbole de la nourriture spirituelle ; en Egypte l'une des formes d'Isis est Isis-Hathor, déesse de l'amour, avec des cornes de vache ; nous avons en Occident chrétien nos "Vierge à l'enfant" explicitement allaitantes, peut-être directement dérivées de scènes représentant Isis allaitant Horus, etc.).

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Quelques vestiges de Santorin...

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Musée d'art Byzantin, très riche.

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Musée d'art cycladique, d'une grande beauté.

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La prochaine est de taille quasi-réelle d'un humain !

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Un petit passage par la section chypriote du musée...

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