Voici des photos de notre voyage (3 semaines été 2016) dans le nord du Chili ("désert d'Atacama") et l'ouest de la Bolivie. 

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Bolivie et Nord Chili 2016

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Un voyage exceptionnel tant on en prend « plein les yeux », découvrant des paysages aux couleurs incroyables.

Mais pour commencer, un "petit" avertissement : les photos de ce voyage, du moins pour ce qui concerne la partie bolivienne, sont à la fois exactes et trompeuses. Exactes dans la mesure où ce pays est truffé de merveilles naturelles dont un échantillon est partagé ici. Trompeuses parce que la Bolivie est loin de se réduire à ces merveilles naturelles, et que, si la destination est réellement attachante et « vaut vraiment le coup », tout n’est pas rose – et de loin pas.

L’histoire de la Bolivie, ex colonie espagnole, est complexe et mouvementée depuis son indépendance en 1825. Les inégalités y sont criantes. La pauvreté se rencontre y compris en plein cœur de La Paz. Les rivalités sont palpables : entre indiens et métis, entre ville et campagne, entre la Paz et Sucre (la « capitale constitutionnelle » parce qu’elle a vu la signature de l’Indépendance… et s’est fait depuis déposséder de son statut de capitale administrative par La Paz), entre régions plus « riches » (parce qu’exploitant mieux certaines richesses du sous-sol comme les hydrocarbures) tentées par l’autonomie et régions plus pauvres…

Ces rivalités se muent régulièrement en tensions, et on sent que cet « état plurinational » est bien fragile... Mais il y a aussi des envies de démocratie, d’éducation, de développement (durable), des regards profonds marqués par la vie et pleins d’une richesse humaine à défaut de celle – trop et seulement brillante – de l’argent des mines de Potosi qui fournissaient jadis l’Espagne et l’Europe (on parle de 7 à 8 millions de morts entre 1545 et 1825 pour cela, indiens et africains), Potosi qui a été l’une des villes les plus riches et peuplées du monde (on ne l’apprend guère dans nos livres d’Histoire !?) et qui maintenant, mines d’argent largement taries, nous fait toucher du doigt sa misère... On entre encore à la mine dès 12 ans, et pour une espérance de vie terriblement réduite.

C’est tout cela la Bolivie ; c’est aussi les faux policiers et les policiers corrompus (qui demandent parfois une contribution – illégale – pour apposer leur tampon sur le passeport à la frontière chilienne) et parfois l’insécurité (la ville d’El Alto, araignée qui n’en finit plus de grandir au-dessus de La Paz où règne semble-t-il une forme d’auto-justice plus ou moins expéditive faute de moyens policiers…) ; c’est aussi les marchés colorés où l’on n’aime pas trop se faire prendre en photo – nous n’avons donc pas de photos « représentatives » de ces si beaux marchés, notamment celui de Potosi, une véritable explosion de couleurs ; c’est enfin l’Amazonie que nous n’avons même pas approchée... Il aurait fallu une ou deux semaines de plus… et ici encore, « il faudra revenir », parce que ce pays est à la fois dur et merveilleux, plein de promesses et de risques. On a envie que « ça se passe bien » pour eux...

Quant au nord du Chili, première partie du périple, notre objectif était très ciblé : le Désert d’Atacama et ses merveilles naturelles. Ici le tourisme est très rodé et les chemins balisés tout en gardant un petit parfum d’aventure (la route parfois chaotique en 4x4 vers les Geysers d’El Tatio de 4h30 à 6h du matin pour passer de 2400 m à 4000 m…) ; les paysages y sont fabuleux, parfois irréels. Commencer par ce désert d’Atacama avant d’entrer en Bolivie permet par ailleurs un utile début d’acclimatation à l’altitude : l’aventure bolivienne et son altiplano se vit fréquemment à plus de 4000 m d’altitude, parfois près de 5000 m (sans être alpiniste et tout en contemplant – en respirant comme on peut – des sommets à plus de 6500 m)… Préparez vos globules rouges !

 

On commence par le nord Chili donc, "désert d'Atacama", avec la ville de San Pedro de Atacama de laquelle on rayonne...   

Cliquer sur les photos (notamment les panoramas) pour les agrandir et mieux en profiter ! (puis touche "Echap" ou "Esc" de votre clavier pour ressortir de l'agrandissement)

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 Promenade dans la Vallée de la Mort...

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Après la Vallée de la Mort, voici la Vallée de la Lune...

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Route vers le sud, direction le Salar de Atacama : formations de sel, lagunas, flamands roses...

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Un passage à 4500 m pour admirer la Laguna Miscanti et ses couleurs incroyables...

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En remontant vers San Pedro de Atacama, un petroglyphe...

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Debout très tôt, départ de San Pedro à 4h30 pour arriver avant 6h sur le site des Geysers del Tatio (4000 m) : en arrivant à l'aube la différence de température avec les eaux thermales favorise la pression des geysers. Puis le soleil se lève et provoque progressivement de fantastiques jeux de lumière et de couleurs...

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Ceci n'est pas une peinture... et les couleurs sont bien réelles !

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Deux vigognes nous regardent passer...

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On quitte (avec regret !) la zone d'Atacama pour traverser la frontière bolivienne, région du "Sud Lipez", et c'est rapidement le festival des "lagunas altiplanas" (nous sommes sur l'altiplano à 4000 m environ) qui rivalisent de couleurs et de reflets au gré des minéraux et des micro-organismes...

Voici la Laguna Blanca...

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...La Laguna Verde, avec sa petite couche de glace (les nuits précédentes avaient été glaciales)...

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...Le désert "de Dali"...

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...La Laguna Polques...

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...Les geysers Sol de Manana... (eau bouillante)

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...La fantastique Laguna Colorada, qui fait le bonheur des flamands roses (micro-organismes dont ils raffolent ; et c'est bien de l'eau !)...

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...L'arbol de piedra (l'arbre de pierre)...

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Une halte dans cet hôtel situé à... 4600 m  d'altitude ! Et là on se rend compte que c'est une chose de passer en coup de vent à 4500 m voire 5000 m dans la journée, c'en est une autre de passer toute une nuit à 4600 m avec de bons maux de tête et un manque d'oxygène (l'hôtel met "au cas où" en évidence dans l'entrée une bonbonne d'oxygène avec un masque)... mais quels souvenirs que d'être passés dans cet endroit perdu au milieu de nulle part, l'impression de se retrouver sur Mars avec ces montagnes rouges... Etonnant ! Cet hôtel, projet communautaire d'une dizaine de familles, est en parfaite autosuffisance énergétique grâce à ses panneaux solaires et ses petites éoliennes. Pas de quoi assurer le chauffage toute la nuit toutefois...

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Les viscachas sauvages en quête d'un peu de nourriture sur la principale piste des 4x4...

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On continue sur l'altiplano avec une autre série de "lagunas" (Honda, Hedionda...), croisant ici ou là des flamands roses...

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Ici, des tombes pré-incas dans une grotte. Des offrandes sont apportées régulièrement pour les morts : cigarettes, alcool, feuilles de coca pour mieux supporter l'altitude...

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On arrive au Salar de Uyuni, vaste ex-mer intérieure salée de 10 000 km2 (en-dessous : une gigantesque réserve de Lithium). Un lieu tout à fait magique et qui fausse les perceptions. Il y avait jadis des îles dans cette mer intérieure, devenues des collines sur une mer de sel que nous traversons. Au loin ces "îles" semblent vraiment se détacher sur l'eau avec leurs reflets, ce sont en fait des mirages.

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Un petit tour sur "l'île" Incahuasi en plein milieu du Salar, île qui abrite de nombreux cactus, parfois de plus de 8 m de haut, âgés pour certains de 1200 ans...

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Le sel est exploité ici ou là sur le Salar : on y ajoute localement de l'eau, dont l'évaporation va permettre de mieux isoler le sel qu'on entasse puis qu'on achemine par camions vers Colchani ou Uyuni (notamment) dans une usine de traitement visant à le purifier en vue de son utilisation alimentaire. Il existe aussi tout un artisanat local à base du sel qui, solide, est dur comme de la pierre : figurines diverses de décoration, ustensiles...

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Une petite marche pour passer de 4000 m à 4500 m à flanc du volcan Tunupa, magnifique point d'observation du Salar...

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Le Salar semble lisse tout au long de sa traversée, mais il comporte de dangereux pièges, dont cette zone crevassée, qui permet d'observer sous la couche de sel la couche d'eau et la formation des cristaux de sel.

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On quitte le Salar d'Uyuni pour passer en mode "villes coloniales espagnoles" : Potosi d'abord, ex-splendeur ayant épuisé ses mines d'argent, mélange de beauté architecturale (classée au Patrimoine mondial par l'UNESCO) et de pauvreté (voir l'introduction au voyage plus haut). Ici, on est dans la Bolivie "profonde", toujours à 4000 m, et la vie est rude pour beaucoup de gens.

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Photo suivante : ce qu'on nous montre - et que nous pouvons acheter sans justificatif aucun : les feuilles de coca pour supporter l'altitude (et pour les mineurs pour supporter leurs conditions de travail ; à noter que la feuille de coca se chique ou se boit en infusion - le "maté de coca" - et possède diverses vertus énergisantes, toutefois il ne faut pas la confondre avec la cocaïne qui, partant de cette même feuille de coca, lui fait subir de nombreuses transformations chimiques et adjonctions qui mènent à en faire une drogue) ; des cigarettes à offrir aux mineurs... mais aussi un baton de dynamite avec sa mèche et son "catalyseur" ! En vente libre... Un jeune mineur adolescent (on peut entrer à la mine à 12 ans...) peut acheter de la dynamite sur un marché...

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Nous avons juste un peu approché des mineurs et ne nous sommes pas "sentis" (à tort ?) de tenter de prendre des photos. Des "gueules cassées" par leur vie infernale, nous proposant spontanément de partager leur bière et leurs feuilles de coca : c'est jour de fête à Potosi. A la fois terriblement pauvres et aussi fiers de perpétuer ce métier qui a fait (il y a bien longtemps...) la grandeur de Potosi, qui était alors connue dans le monde entier... Donc : juste 3 photos de leur environnement, prises à l'iPhone. Dans la troisième : une petite usine de retraitement d'argent / de cuivre / de zinc. On y resprire des vapeurs de tout et n'importe quoi (acides, cyanure...) dans un bruit infernal. Tout cela a fait la grandeur de la couronne d'Espagne à partir de la moitié du 16ème siècle et a bien plu à tout l'Occident heureux des pièces et de la vaisselle en argent venues des conquêtes espagnoles (souvenons-nous qu'à l'époque on se demandait très officiellement si les indiens avaient une âme : cf la Controverse de Valladolid) ; l'argent, ça brille - et on tuait ainsi les indiens par centaines de milliers, au point de devoir faire venir à Potosi des africains pour avoir toujours plus de main-d'oeuvre... Ils mouraient tous - et vite - mais heureusement ils avaient préalablement eu la grande chance d'entendre le message d'amour chrétien apporté lui aussi - comme toujours - par les colonisateurs. Ca change tout... non ?

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Scènes de rue à Potosi...

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...Fallait pas la laisser tomber, ta sucette !

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Une explication sur la peinture qui suit : les colonisateurs espagnols avaient à coeur de construire sur les anciens lieux de culte locaux des églises chrétiennes (en général en reprenant les pierres des précédents édifices). Ensuite, ils demandaient à des artistes locaux, qui avaient le sens du dessin, de peindre des toiles selon des modèles précis. Les indiens s'exécutaient. Ils n'avaient pas le droit de signer leur oeuvre. Au fil du temps certains sont devenus de vrais artistes de haut niveau... et n'ont pu signer leurs oeuvres. Ces oeuvres religieuses, chrétiennes, qui faisaient évidement partie de la stratégie coloniale, sont pourtant à y regarder de près très particulières (on trouve cela aussi au Pérou) : certes on y trouve le modèle à reproduire, en général à base de la vierge Marie et de l'enfant Jésus. Mais l'artiste local a réussi à y greffer des éléments de croyances pré-hispaniques et on trouve fréquemment dans ces oeuvres des soleils, des croissants de lune (quand ce ne sont pas des lamas)... et surtout la figure sacrée de la montagne, la "Pacha mama", la terre nourricière, extrêmement importante pour les indiens. Comment peindre l'amour ancestral de la Pacha mama en dessinant la vierge Marie ? Il suffit de lui faire une robe non pas droite mais en forme... de montagne ! Ainsi, les prières adressées par les indiens à la vierge Marie étaient aussi des prières adressées à la Pacha mama... Les prêtres catholiques n'étaient pas dupes mais ont estimé que ce qui est devenu ensuite un syncrétisme profondément ancré était déjà une possibilité de faire pénétrer la croyance chrétienne (et donc de respecter l'ordre éclésiastique et par voie de conséquence l'ordre politique et militaire). Ce syncrétisme est toujours très actuel.

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Très joli couvent Santa Teresa...

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Toujours à Potosi au fond d'une rue : l'imposante montagne qui a jadis regorgé d'argent ; source de grandeur passée de Potosi, source de biens des maux aussi, mais malgré tout la montagne, c'est aussi et surtout la "Pacha mama" omniprésente, la terre nourricière sans laquelle aucune vie n'est possible...

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Elle n'est pas belle cette vierge Marie relookée en Pacha mama ? En regardant bien sa robe-montagne on verra défiler l'histoire de Potosi, avec la découverte de la montagne d'argent par les indiens juste au moment de l'arrivée des conquistadors, etc. On y voit aussi des lamas, le soleil et la lune...

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Une fois l'argent extrait des mines et purifié, il fallait en faire des lingots suffisamment plats pour, ensuite, en tirer des pièces de monnaie frappée. Pour réaliser ces lingots, il a fallu faire venir d'Europe par bateau (nous sommes au 16ème siècle) des mécanismes à rouages très impressionnants. Leur rotation entraînait la compression du lingot. La force de rotation se trouvait à l'étage inférieur : des mulets et des hommes... qui mouraient les uns après les autres (très édifiante visite de la "Casa de la moneda").

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Détail du bas d'une armure en argent : ne pas oublier la Pacha mama et les lamas...

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On quitte Potosi, passionnante et marquante, et plus globalement l'altiplano pour la très belle ville de Sucre. Ici, le niveau de vie est très supérieur à celui de Potosi. Sucre était la première capitale de la Bolivie (indépendance en 1825). Le nom vient du Général Sucre, figure décisive de l'indépendance avec Simon Bolivar (d'où le nom de la Bolivie) et bien sûr certaines figures indiennes ayant suscité le soulèvement populaire. Sucre est une ville bien entretenue, avec un patrimoine magnifique. Ici, on croise une jeunesse en jeans et en Nike, en train de jouer en petit groupe à "Pokémon Go" : cela consiste à chercher dans des lieux bien réels des personnages virtuels dont l'emplacement est indiqué par le jeu qui se joue sur son smartphone : grande mode du moment ; les mines d'argent de Potosi et leur réalité sont vraiment bien loin...

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Quelques méli-mélos électriques...

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...Mais certains avocats sont manifestement spécialisés dans les méli-mélos les plus délicats...

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Deux exemples de tisages artisanaux, le second plus "graphique", le premier intégrant de nombreuses figures traditionnelles boliviennes : lamas, condors mais aussi des diables, des "esprits mauvais"...

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Le magnifique ancien monastère San Felipe de Neri, transformé en lycée privé.

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Un petit tour sur l'un des chemins incas de la région de Sucre ; l'occasion de visualiser, à travers le jeu des couleurs naturelles, la spectaculaire présence de minerais variés dans le sous-sol bolivien.

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Le tissage : ici : une couche noire et une couche rouge (cf exemple terminé plus haut) ; il s'agit d'entrelacer ligne par ligne les 2 plans noir et rouge. En général la totalité ou la quasi-totalité du "dessin" final est imaginée dès le début, son déroulement ligne à ligne demandant une grande rigueur et une maîtrise géométrique (au-delà du tissage lui-même).

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Après un vol intérieur Sucre => La Paz, nous voici dans la capitale administrative de Bolivie. On commence par la Vallée de la Lune proche de La Paz : concrétions calcaires sculptant le paysage.

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La Paz est une ville champignon qui s'étale de 3000 m à 4000 m. Pour relier le bas et le haut, un téléphérique récent, moderne et efficace. En haut, à 4000 m, une autre ville champignon, El Alto, où règne une certaine anarchie (et une insécurité notoire). Le réchauffement climatique assèche certaines zones en campagne (sur l'altiplano), poussant la population vers les villes. La croissance d'El Alto notamment est importante et mal maîtrisée, entraînant des déséquilibres sociaux, des tensions... Quant à La Paz, nous n'avons pas vraiment apprécié la ville. Il existe certes quelques rues sympathiques (calle Jaen,...) mais globalement nous avons peu "accroché".

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Une curiosité sur la photo suivante : quelle heure est-il ? L'horloge est inversée, ce qui a été voulu par le Président Evo Moralès, issu du peuple indien (ce qui ne veut pas dire grand'chose en fait : nombreuses ethnies qui ne se mélangent que modérément), et qui a voulu symboliser le fait "qu'avant", la Bolivie vivait selon le temps imposé historiquement par la colonisation puis encore récemment par les intérêts occidentaux, désormais la Bolivie doit inventer "son temps à elle".

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Départ matinal de La Paz pour une longue route vers le Sajama national park (frontière avec l'extrême nord du Chili) : nous venons de surgir de La Paz, nous voici à El Alto à 4000 m pour rouler de longues heures sur l'altiplano. Le soleil n'est pas encore chaud, La Paz se trouve sous la couche nuageuse...

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Bord de route à El Alto...

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Nous voici dans le Sajama National Park, du nom du plus haut sommet (un volcan) de Bolivie (6542 m), accueillis par des alpacas...

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Nous sommes à 4200 m ; le volcan Sajama attire le regard où que l'on soit.

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Après une piste nous permettant de monter en 4x4 à 4350 m, nous poursuivons à pied jusqu'à... 4820 m ! Pas fâchés d'arriver enfin sur ce plateau duquel nous admirons la pente la plus aiguë du Sajama... et vivement la redescente pour respirer plus facilement !

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Ici aussi des eaux thermales du fait de la proximité des volcans (dont certains sont actifs).

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Ci-dessous : au premier plan l'eau est très chaude ; 3 m plus loin en arrière plan c'est de la glace.

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Sur le trajet de retour vers La Paz : l'église de Carahuara de Carangas, avec une impressionnante fresque du 16ème siècle (Jugement dernier) réalisée par des indiens toujours sur ordre des espagnols.

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Une autre église un peu plus loin, une autre curiosité : les espagnols demandaient aux indiens de représenter l'ange Gabriel ou d'autres anges. Il faut donc des ailes. Mais les indiens connaissaient les espagnols pour être avant tout des guerriers. Leurs anges devaient donc être eux-mêmes armés ! ...D'où ces "anges" (ils ont bien des ailes) en vêtements espagnols et... armés !

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Nous voici à la frontière entre la Bolivie et le Pérou : le Lac Titicaca. Ici, il faut traverser un petit bout de lac pour parvenir jusqu'à la ville de Copacabana (rien à voir avec le Copacabana du Brésil ; ici il s'agit - comme souvent - d'une déformation par les colons espagnols d'un nom de lieu indien signifiant "vue sur le lac" : kota kahuana). Devant nous : un car de tourisme local semble chercher à maximiser ses chances de "marcher sur l'eau"...

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La Basilique de Copacabana...

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Photo suivante : ces jours-ci a lieu une fête pendant laquelle on bénit (notamment) les voitures ; d'où de nombreuses décorations. Il faut avoir à l'esprit que pour bien des boliviens (et péruviens : viennent ici surtout des péruviens voisins pour cette fête) traditionnels les objets font à ce point partie de l'existence qu'ils sont dotés d'une âme. La séparation franche entre objet et sujet est beaucoup plus ténue que chez nous. En conséquence, de la même manière qu'on va souhaiter des bonnes choses aux autres ou à soi-même, on peut souhaiter des bonnes choses à sa maison, sa voiture, son camion, etc. Non pas en traitant ces "objets" de haut mais en leur portant une attention proche de celle qu'on porterait à des personnes.

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Enfin sur le fabuleux Lac Titicaca : nous l'avions vu depuis le Pérou il y a 5 ans, nous voici de l'autre côté, avec une vue imprenable sur la Cordillère royale, dont les sommets enneigés dépassent régulièrement les 6000 m. Sur le lac, nous sommes basés sur l'île du Soleil (Isla del Sol), île sacrée des incas : l'épopée inca (de 1200 à 1540 ap JC environ) semble avoir démarré sur l'Isla del Sol, avant de commencer à rayonner, de s'installer à Cuzco au Pérou, base de l'important empire qu'il a été avant de sombrer rapidement à l'arrivée des conquistadors.

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Depuis l'Isla del Sol nous aperçevons l'Isla de la Luna, rougeoyante, et en arrière plan la Cordillère royale.

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La photo suivante présente 2 éléments d'intérêt mythologique pour les incas (et leurs descendants) : les marques en premier plan et le rocher au fond. Selon le mythe, les "traces de pas" sont celles du Dieu Soleil qui a pris ici son élan puis son envol sur le rocher afin de trouver sa place dans le ciel ; lequel rocher est devenu sacré pour les incas, et nombre de cérémonies incas se sont déroulées spécifiquement sur ce rocher.

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Au premier plan des ruines incas. Elles semblent peu étendues, c'est un effet d'optique, voulu à l'époque : il s'agit d'un véritable labyrinthe (et on se rend compte qu'il est vaste quand on est dedans !). Dans le cadre de certaines cérémonies on demandait à l'impétrant de se perdre dans le labyrinthe pour "chasser ses mauvais esprits" : de la culture du lâcher-prise pour perdre (si possible) ses conditionnements et s'ouvrir à autre chose...

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Dernière étape du voyage : le site archéologique de Tiwanaku (tiahuanaco), près du Lac Titicaca : berceau de la civilisation Tiwanaku qui pourrait bien (aux dernières nouvelles ; les débats entre archéologues se poursuivent) avoir vécu de -1500 à +1200, soit 2700 ans ! Les Tiwanaku ont été des précurseurs dans certaines techniques de pointe qui ont servi ensuite aux Incas (+1200 / +1540).

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Un dernier coup d'oeil à l'altiplano bolivien avant de reprendre l'avion pour un La Paz => Lima => Paris...

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