Quelques photos de ci-delà

30 septembre 2018

Expo Jean Fautrier (Paris, mai 2018)

Quelques photos de l'exposition Jean Fautrier à Paris (mai 2018)...

 

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Un dimanche au Musée Guimet (Paris)

Déjà la nostalgie, à peine rentrés du Cambodge : un petit tour au Musée Guimet... où de nombreuses oeuvres Khmères venaient de partir à l'étranger pour un prêt !

Il restait quelques belles choses quand même... Et on y retournera pour revoir les plus belles pièces Khmères.

 

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02 avril 2018

Voyage au Cambodge (février 2018)

 

Voici des photos de voyage (2 semaines) au Cambodge en février 2018.

Cliquer sur les photos pour les agrandir, puis presser la touche Esc / Echap pour revenir au texte !

 

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L'intro qu'on peut sauter... ou pas...

Comme toujours, impossible de faire « le tour » d’un tel pays en 2 semaines. Surtout lorsqu’on est aimanté par un site aussi spectaculaire qu’Angkor, joyau de l’Histoire et témoignage d’une grande civilisation, lequel demande du temps de visite. Nous aurons donc sacrifié bien d’autres lieux qui demanderaient à être visités, comme les hauts plateaux du nord-est (vers le Laos et le Vietnam) ou encore la montagne de l’ouest (vers la Thaïlande).

Difficile aussi de se faire une idée de « la » population. Au Cambodge, « la » population est passée par au moins deux faits historiques majeurs. Le premier est l‘empire Khmère (disons entre le 9ème et le 14ème siècle), puissant, brillant et qui nous a laissé des traces en pierre ciselée d’une grande beauté. Le second est la période de guerre civile, époque des « Khmères rouges », rébellion « communiste » structurée dans le maquis pendant les années 1960-70 notamment en réaction à la présence américaine (la guerre du Vietnam, voisin, fait rage) non sans un certain aveuglement occidental, notamment de l’intelligentsia française, ex-puissance coloniale (l’indépendance du Cambodge date de 1953) encore sous le « charme » du Maoïsme… Le régime des Khmères rouges accède au pouvoir en 1975 (fin de la guerre du Vietnam) par un coup de force incroyable et reste 4 années au pouvoir jusqu’en 1979, année de la « libération » du Cambodge par les Vietnamiens… qui ont ensuite eu bien du mal, nous dit-on, à penser à repartir… et qui, aux dires de certains, continuent à « noyauter » le pays, lequel souffre par ailleurs de corruption et joue à la démocratie… à parti unique, les opposants se faisant subitement (très) discrets lors des élections - encore très récemment.

Le Cambodge s’est souvent trouvé pris « en sandwich » entre la Thaïlande (Royaume de Siam avant cela) et le Vietnam (les « Chams » avant cela). La relation à la France semble ambivalente : la France d’une certaine manière a permis au Cambodge de subsister (notamment grâce au traité franco-siamois de 1907) et, au passage, a réalisé un important travail de réhabilitation du patrimoine historique Khmère. Mais elle aura été malgré tout le colonisateur puis l’ex-colonisateur qui n’aura pas saisi suffisamment vite ce qui se jouait – et avec quelle horreur, on y reviendra plus loin – lors de la montée en puissance des Khmères rouges.

Histoire très complexe qui ne se laisse pas démêler facilement. Voici 40 ans seulement, les cambodgiens s’entretuaient. Aujourd’hui, ils sont pris entre devoir de mémoire et volonté d’aller de l’avant… dans une parodie de démocratie… A suivre !

 

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On commence à Phnom Penh, la capitale, et son Palais Royal :

 

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Photos suivantes : des fresques datant des années 1900, représentant des scènes du Ramayana.

Rama... quoi ??

Le Ramayana est, avec le Mahabharata, l’une des deux grandes épopées de l’Hindouisme. Le Ramayana est l’épopée de Rama ; Rama est l’incarnation du (grand) Dieu Vishnu sur Terre. Homme de sagesse, il est censé accéder au trône du royaume d’Ayodhya lors du retrait de son père mais, victime d’une manigance, il est forcé à l’exil dans la forêt pendant de longues années avec son épouse adorée (Sita, elle-même incarnation de Lakshmi, épouse de Vishnu) et son valeureux demi-frère Lakshmana. Pendant leur exil, Sita se fait enlever par le Roi des démons, Ravana, qui désire en faire son épouse. Rama va alors rencontrer le Roi des singes épaulé par son valeureux chef des armées Hanouman ; ils vont monter, ensemble et avec l’aide du peuple des ours, une armée qui va partir lutter contre l’armée des démons de Ravana. Il faudra traverser de nombreux dangers pour accéder à Lanka, royaume de Ravana, et finalement récupérer Sita. Mais celle-ci, demeurée aussi longtemps chez Ravana, a-t-elle réussi à ne pas se laisser séduire en captivité ? Oui bien sûr, et Rama le sait bien au fond de lui... mais le peuple de Rama, pourtant heureux de son retour qui l’a mené à réintégrer le trône avec Sita à ses côtés, le peuple donc a bien du mal à imaginer une telle pureté… et Rama, qui veille à maintenir la paix de son peuple et la prospérité du Royaume, en vient à placer la vision que son peuple a de lui au-dessus de son amour pour Sita, et décide – certes dans la douleur – d’exiler Sita… Sita part dans la forêt et mène une vie ascétique auprès d’un sage ermite. Elle y met au monde deux enfants qu’elle portait de Rama. Un jour, ces deux enfants, devenus adolescents, viennent en ville et chantent le « Ramayana », l’histoire du valeureux Roi, très long poème appris par cœur et mis en musique. Rama, bouleversé, reconnaît en eux ses propres enfants et comprend qu’il n’aurait jamais dû exiler Sita. Celle-ci revient et, ayant à cœur de prouver une fois pour toutes son innocence devant tout le monde, invoque sa mère, la déesse de la Terre, pour la prendre à témoin : « Si dans mes pensées intimes / J'ai été fidèle à Rama / Viens, déesse de la Terre / Emmène ta fille, ô Mère ». Alors la déesse de la Terre surgit, embrasse Sita et l'accueille à ses côtés, confirmant ainsi sa pureté. Et Sita se laisse lentement engloutir dans les entrailles de la Terre-Mère. Rama, désespéré d’avoir perdu à jamais Sita dans cette vie, sait pourtant que la vie humaine est courte ; pour son peuple il sera longtemps encore un Roi exemplaire ; puis il rejoindra les dieux et retrouvera son essence, Vishnu, et son épouse céleste, Lakshmi.

 

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Quelques photos du Musée archéologique de Phnom Penh.

Ce corps sans tête appartient à la déesse Durga (Dourga), l’une des « versions » de l’épouse du Dieu Shiva, l’un des 3 grands dieux de l’Hindouisme avec Brahma et Vishnu. Durga s’apprête à écraser un démon juste en soulevant légèrement sa jambe gauche…

 

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La photo suivante représente Bouddha.

Ah bon ? Mais le Cambodge est Hindouiste ou Bouddhiste ?

Le Cambodge a hérité de la trajectoire religieuse de l’Inde ancienne (entre -2 000 ans et +1 000 environ) à savoir le Védisme des Aryas (avec des dieux comme Indra, Agni…) puis le Brahmanisme (très ritualisé) puis l’Hindouisme (reposant sur la « trimurti » Brahma / Shiva / Vishnu). Le Bouddhisme avait également émergé entretemps (Bouddha a vécu vers -400 ou -500) mais ce n’est qu’avec l’empereur Khmère Jayavarman VII (fin 12ème – tout début 13ème siècle de notre ère) que le Bouddhisme a été mis en avant dans l'actuel Cambodge, sans pour autant supprimer la possibilité de culte des dieux Védiques ou Hindouistes. L’érection du complexe d’Angkor Thom à cette époque (voir plus loin) est à la gloire du Bouddhisme. Après la mort de Jayavarman VII, lequel peut symboliser un, voire "le" sommet de l’Empire Khmère et de cette civilisation remarquable, une sorte de « contre-Réforme » a ramené l‘Hindouisme au premier plan. Elle sera elle-même supplantée par un retour en force du Bouddhisme, désormais 1ère religion du pays, même si on peut toujours préférer être Hindouiste… ou opter pour les deux à la fois !

 

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Nous voici, toujours à Phnom Penh, sur la colline parfois surnommée avec humour (et pour les touristes français) « Notre-Dame de Phnom Penh » ou encore « le Montmartre de Phnom Penh ». Lieu de culte, d’offrandes à Bouddha… et aussi de célébration du traité franco-siamois de 1907 qui a évité la disparition du Cambodge et accentué le Protectorat (la parenthèse colonialiste) français jusqu’en 1953.

 

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Le Cambodge pour le meilleur (Angkor)... et pour le pire (les Khmères rouges)

Il n’y a pas que le Palais Royal et ses annexes ou encore le Musée archéologique qui soient incontournables à Phnom Penh. Il y a aussi la double visite, éprouvante, du Centre « S21 » – une ancienne école convertie en centre de torture de la population Cambodgienne par les Khmères rouges, eux-mêmes Cambodgiens, dans les années 1975 – et d’un site d’exécution et d’enterrement des victimes de ce centre de torture. On ne trouvera évidemment aucune photo ici. Quant aux coupables, presqu'aucun Khmère rouge n'a été condamné ; Pol Pot (le chef du régime - Pol Pot est un pseudonyme qui signifie la "Politique Potentielle") est mort en 1998 (!) dans la jungle sans avoir été inquiété… Il est évident que de nombreux Khmères rouges sont encore vivants et jouissent d'une parfaite liberté dans leur pays.

Dans le Centre S21 nous avons vu les lits en fer où étaient attachés les suppliciés. Nous avons vu des photos prises par les Vietnamiens à leur arrivée, photos de cadavres torturés encore présents, les Khmères rouges ayant fui dans la précipitation, laissant nombre de documents.

Dans ce Centre, environ 12 000 personnes ont été torturées puis exécutées. Pendant l’époque des Khmères rouges, on estime que la population du Cambodge, évaluée alors à 8,5 millions d’habitants, en a perdu environ 3 millions dont 2 millions de morts (assassinats en masse, famine généralisée) et 1 million d'émigrés.

Nous avons lu les deux ouvrages pris en photo ci-après. Deux oeuvres de nécessaire mémoire édifiantes. Le livre de François Bizot est celui d’un Français habitant au Cambodge et emprisonné lors de la montée en puissance des Khmères rouges, encore mal organisés. C’est l’histoire (vraie) d’une détention qui vire au grand guignol (tragique) et qui nous fait mieux comprendre ce qui s’est joué. Le livre de Rithy Panh est lui aussi une histoire vraie, vécue cette fois par un jeune Cambodgien qui, rescapé et ayant grandi, est devenu cinéaste et a eu l’occasion de s’entretenir avec Douch, le responsable du sinistre Centre S21. Une sorte de "montage parallèle" entre souvenirs d'enfance traumatisante et compte rendu d'entretiens avec celui qui orchestrait l'horreur à S21. Terrible et édifiant.

 

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Nous repartons de Phnom Penh évidemment « sonnés », tout en nous disant que dans peu de jours nous serons à Angkor, au beau milieu des plus belles architectures de l'une des grandes civilisations de l'Histoire… Et c’est bien de le faire dans ce sens : la beauté a ce pouvoir de dépasser l’horreur. Au passage, pour les Hindouistes Shiva est à la fois le Dieu de la Construction et celui de la Destruction, les deux étant intimement liés et pas nécessairement opposés.

Premier contact avec un temple de l’époque Angkorienne (ici du 11ème siècle) à Wat Nokor…et premier contact avec une Devata (Dévata), ces déesses qui respirent la sérénité !

 

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Toujours sur ce site, une pagode Bouddhiste moderne… Kitsch, non ? Mais avec plein de scènes de la vie de Bouddha...

 

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Euh... l'histoire de Bouddha, c'est comment déjà ?

Le "Bouddha historique" a bien existé, aux alentours de -500 à -400 (il y a encore quelques débats de dates). Il s'agissait du prince Siddharta Gautama. Le jeune prince, surprotégé par son père, Roi d’une partie de l’Inde du nord, vivait cloîtré dans un Palais qui l’empêchait de voir le monde tel qu’il était. Curieux, Siddharta s’échappa et fit 4 rencontres : celle d’un malade, celle d’un vieillard souffrant, celle de la mort, celle d’un ascète. Ces rencontres le bouleversèrent : comment échapper au temps, à la maladie, à la souffrance, à la vieillesse ? Comment ne pas redouter la mort (autrement qu’en se contentant de la « refouler » jusqu’à ce qu’elle nous frôle d’un peu trop près) ? Le jeune Prince (environ 27 ans ?) décida de tout plaquer : royauté, richesses, palais, épouse… et partit dans la forêt, se jurant de trouver une solution à cette interrogation, faute de quoi la vie ne vaudrait pas d’être vécue. Il avait déjà compris que les plaisirs et les richesses de tout poil n'y suffiraient pas. Il se fit ascète et frôla la mort, pour comprendre que cet excès inverse n’était pas une solution, car encore un excès. A force de persévérance il finit par trouver sa « voie » et devint « Bouddha », c’est -à-dire « Eveillé ». Il passa le reste de sa vie, jusqu’à environ 80 ans sans doute, à partager (autant que possible) son expérience, concentrée dans l’énoncé des « 3 nobles vérités » et de « L’octuple noble sentier » menant à l'Eveil. De nombreux sermons (« Sutras ») ont été repris par ses disciples et ont mené dans les 3 ou 4 siècles suivant sa disparition à la constitution du « Tripitaka », immense recueil des textes canoniques du Bouddhisme. Si le Bouddhisme a ensuite évolué en pratique religieuse (avec adoration de Bouddha) voire parfois en dérive superstitieuse, Bouddha lui-même ne se disait nullement divin mais simple Homme et précisait que ce qu'il avait atteint était atteignable dans cette vie même et par chacun - sous réserve de faire l'effort adéquat sur soi-même - et ce sans fuir le Réel, bien au contraire. De nombreux contresens circulent sur le Bouddhisme et ses concepts principaux, souvent du fait de mésinterprétations et/ou de traductions approximatives.

 

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Ici un pont de bambou sur la route de Phnom Penh à Kampong Cham, sur un bras du Mékong.

 

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La photo qui suit est prise dans une usine de fabrication de caoutchouc (à base de plantations d’Hévéas), pour confection de pneus, etc. Nous avons visité cette fabrique et y avons constaté les conditions de travail des ouvriers. Pas de photos prises, malgré l’autorisation, par respect pour les ouvriers. Leur travail est vraiment dur, dans un contexte bruyant, sombre et malodorant (la photo se contente ici de montrer la canalisation de la gomme fluide pressée qui devra ensuite être nettoyée puis séchée, ce qui l’agglomérera et permettra d’en faire des blocs qui seront envoyés en occident et pourront eux-mêmes devenir des pneus ou d’autres formes caoutchouteuses dont nous sommes friands). Nous parlons d’hommes (parfois bien jeunes) et de femmes (plus toujours très jeunes). Assez consternant. La création de ces usines pendant l’ère coloniale a permis le développement de quelques fameuses entreprises françaises et plus globalement occidentales (cf les exploitations de Malaisie également, etc.)

 

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Photos suivantes : la pagode Bouddhiste avec charpente en bois de Wat Maha Leap.

 

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Arrivée à Kampong Cham, ville sur le fleuve Mékong.

 

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Le site de Sambor Prei Kuk en continuant à remonter vers le nord, après Kampong Thom. Il s’agit ici d’un site pré-Angkorien, bâti au 7ème siècle de notre ère.

 

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Premier contact avec la région d’Angkor avec le (temple) Prasat Neak Pean (fin du 12ème siècle). Ce temple a été édifié par l'empereur Jayavarman VII, Bouddhiste. Il tire son nom de deux serpents entrelacés (qu'on ne voit pas sur la photo !). Les deux serpents entrelacés, bien connus du caducée d'Hermès plus près de chez nous, sont souvent le symbole du dépassement des oppositions apparentes : le serpent peut tuer par son venin ; mais en petite dose (et avec le savoir adéquat !), un poison peut (parfois !) devenir médicament. Le mythe occidental d'Hermès le met en scène séparant avec son bâton deux serpents qui se battaient ; du coup, au lieu de continuer à se battre, les deux serpents s'enroulent sur le bâton et s'élèvent ; le bâton d'Hermès est d'ailleurs surmonté d'ailes, symbole d'élévation spirituelle issue du fécond dépassement des oppositions muées en complémentarités. Il est possible que cette symbolique ait été également mise en scène dans ce temple Khmère qui a manifestement été voué a minima à des rites de purification, et vraisemblablement à la (recherche de) guérison de divers types de maladies. Quant à l'île centrale qu'on voit sur la photo, elle n'est pas anodine mais constitue la transposition symbolique de la vision cosmologique Khmère (qu'on retrouve dans d'autres pays d'inspiration Hindouiste) selon laquelle l'origine du Monde aurait été le Mont Meru (Mérou), émergeant de l'Océan primordial. Le temple reproduit donc cet archétype. On retrouvera ce point plus loin.

 

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Photos suivantes : le temple Preah Khan, ses Devatas, les racines des « fromagers » entrelacées avec la pierre… Le Preah Khan est Bouddhiste, il date de la fin du 12ème siècle et a été construit par l’empereur Jayavarman VII (comme Angkor Thom, cf plus loin).

 

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Toujours au Preah Khan. Dans cette frise il ne s’agit pas de Devatas mais d’Apsaras, danseuses célestes… Mais il y a tout de même une Devata sur cette photo…

 

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En fouinant à travers les dédales de pierres on tombe sur des merveilles à côté desquelles il est aisé de passer… On atteint ici les sommets de l’art Khmère.

 

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Ici un stupa (reliquaire) Bouddhiste à l’intérieur du temple.

 

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Toujours au Preah Khan. L’intérêt de cette photo réside dans la partie droite : les personnages dans les niches sont des ermites Hindouistes. Avant cela, ces niches comportaient des Bouddhas, lesquels ont été « corrigés » après la mort de Jayavarman VII en modifiant notamment la position des jambes pour évoquer non plus Bouddha mais des ascètes Hindouistes. Et hop : on passe d’une religion à une autre…

 

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On enchaîne avec le temple Banteay Samre, construit au milieu du 12ème siècle, sans doute un peu après Angkor Wat (cf plus loin) par l’empereur Suryavarman II (grand empereur Hindouiste qui précède de peu le Bouddhiste Jayavarman VII).

 

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Ci-après : la "rivière aux 1 000 lingas".

...Le linga ? C'est quoi ?

Indice : c'est ce qui, allié au Yuni, permet de générer une nouvelle vie.

Le Linga est à la fois le sexe masculin et l’essence de Shiva dans son rôle créateur ; le Yuni est le sexe féminin, son complémentaire. Leur complétude intègre évidemment une symbolique de fertilité, nécessaire à la population dont la survie dépendait de la crue régulière de l’immense lac Tonlé Sap au sud d’Angkor, conduisant au triplement de sa taille, irriguant ainsi les terres fertiles et produisant la nécessaire nourriture.

Un petit détour cosmologique... pour mieux comprendre la structure et l'orientation des temples...

Dans la cosmologie Védique (à partir de -2 000 ans sans doute), on distingue le Ciel, lieu des dieux, l’Océan primordial, enfin la Terre, entre Ciel et Océan primordial. Un temple n’est pas destiné à être habité mais est voué au culte des dieux tout en symbolisant le lien entre les 3 régions cosmiques. Il doit donc reproduire cette vision cosmologique. Le temple commence donc par refléter la Terre : pour cela, il est orienté en général selon les 4 points cardinaux, avec des formes de type quadrilatères emboités. Le temple doit aussi s’élever vers le ciel puisqu’il se voue au culte des dieux. Cette élévation (spirituelle) est marquée par son architecture en niveaux. Souvent on doit passer par des portes pour accéder aux niveaux supérieurs et/ou vers des lieux de plus en plus sacrés au sein du temple ; ces portes peuvent alors être de plus en plus petites, à la fois pour obliger à se baisser devant la grandeur du spirituellement plus élevé, tout en provoquant une distorsion de perspective permettant de rendre l’objet final (le sommet du temple) encore plus haut… On dispose alors avec le sommet du temple d’une direction de type Zénith, pointant vers le Ciel des dieux. Il reste à viser le Nadir, vers le bas de l’Océan primordial. Pour cela, quoi de mieux qu’un reflet dans un bassin d’eau devant le temple ? Ainsi, chaque temple devient un microcosme de l’unité cosmologique de la vision Védique puis Hindouiste (et même reprise dans certains temples Bouddhistes), sacralisant le lieu terrestre. Le fidèle peut alors s’inscrire dans ce « grand tout universel » et non seulement dans une construction en pierre… Le choix même du lieu d’Angkor est intéressant puisqu’il s’inscrit entre le grand lac Tonlé Sap au sud (encore un symbole de l’Océan primordial) et les montagnes au nord (encore un symbole du Ciel puisque les montagnes « touchent le ciel »…) : Angkor est donc symboliquement le lieu de la rencontre de l’Océan et du Ciel et reproduit en chacun de ses temples l’entièreté de la cosmologie… Plutôt bien pensé, non ?

…Mais nous avons perdu en chemin notre rivière aux 1 000 lingas ! Cette rivière coule des hauteurs montagneuses (en contact avec le Ciel donc : cf le développement ci-dessus !), passe par-dessus « 1 000 » lingas de pierre - et un certain nombre de yunis ! -, se trouve donc symboliquement fertilisée, avant de poursuivre jusqu’aux alentours des temples d’Angkor judicieusement irrigués. Voici de quoi fertiliser les terres d’Angkor…

 

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Le magnifique temple de Banteay Srei en grès rose. Les linteaux et les tympans célèbrent les grandes épopées sacrées que sont le Ramayana et le Mahabharata. Un bijou de finesse, datant pourtant du 10ème siècle, soit 200 ans avant l’enchaînement Angkor Wat / Angkor Thom. Les artistes du Banteay Srei avaient un (grand) « coup d’avance ». Le tout jeune André Malraux, futur Ministre de la Culture français, 21 ou 22 ans en 1923, y fut surpris en flagrant délit de pillage, ayant dérobé avec sa femme et un ami des statues pour les ramener en France… Il aura fallu l’intervention de la France pour lui éviter une peine de prison…

 

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Le temple Ta Prohm où ont été tournées des scènes de « Tomb Raider » (le premier, celui avec Angelina Jolie !). On s’y croit, ou dans un Indiana Jones… Temple Bouddhiste du temps de Jayavarman VII (encore lui), à la fois très impressionnant et plein de finesse : cf les visages des devatas.

 

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Arrivée à Angkor Thom, cité complète édifiée par l’empereur Jayavarman VII (fin 12ème siècle) suite à sa victoire sur l'envahisseur Cham (actuel Vietnâm). Angkor Thom est un vaste complexe intégrant notamment plusieurs temples Bouddhistes.

 

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Ici au Bayon, cœur d’Angkor Thom, tout un mur sculpté racontant telle une grande bande dessinée le combat victorieux des troupes de Jayavarman VII contre les Chams, bataille maritime sur le Tonlé Sap (il y a quelques débats d'historiens sur le sujet). Cette fresque se déroule vraiment comme une histoire et présente, au-delà de sa qualité artistique, pour les archéologues et les historiens un intérêt remarquable parce qu’elle intègre de nombreuses scènes de la vie quotidienne : on n’y voit pas seulement des soldats se combattre, mais toute l’organisation logistique sous-jacente et, au milieu de tout cela, la « vraie vie » qui se déroule.

 

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« La vraie vie qui se déroule » : ici sans doute une scène d’accouchement…

 

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Le Bayon encore, monument impressionnant. Noter les têtes géantes sculptées dans la roche, dans les 4 directions afin d’en marquer l’universalité. Certaines ont « disparu », comme de nombreuses sculptures Khmères de cette époque faste ; certaines pièces ont été emportées par des archéologues français, faisant notamment le bonheur du Musée Guimet – remarquable – à Paris.

Cliquer sur les photos pour les agrandir, puis presser la touche Esc / Echap pour revenir au texte !

 

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Partie droite de cette photo : le temple en pierre est censé être la demeure des dieux et non des hommes. Mais puisqu’il s’agit d’une demeure, les architectes y ont projeté les principales caractéristiques d’une demeure, et cela inclut des (fausses) fenêtres en pierre, grillagées et munies de rideaux (en pierre !) : on a poussé le goût du détail à sculpter les cordons à rideaux…

 

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Toujours à Angkor Thom, le Baphuon, jouxtant le Bayon. Ici on est dans un temple Hindouiste, bon nombre de sculptures reprenant des scènes du Ramayana ou du Mahabharata.

 

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 Le Phimeanakas (Pagode Royale) à côté du Baphuon, Angkor Thom :

 

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 Du côté de la « Terrasse des éléphants »…

 

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Et nous voici rendus à Angkor Wat, sommet de l’art Khmère version Hindouiste, Temple dédié à Shiva par l’empereur Suryavarman II (début du 12ème siècle)

 

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 Ankgor Wat, festival de la Devata !

 

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Ici aussi, d’immenses murs sculptés : il s’agit ici non pas des exploits guerriers du Roi mais de la reprise de scènes du Ramayana ou du Mahabharata.

 

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Ci-dessous un bas relief représentant l’épisode fameux pour les Hindouistes du « Barattage de l’Océan (ou de la Mer) de Lait ».

Le barattage... de quoi ??

Le barattage de la mer de lait (ou de l'océan de lait) est un épisode majeur de la mythologie Hindouiste. Les dieux (devas) et les démons (asuras) sont éternellement en conflit. Les devas, craignant de perdre la maîtrise du Monde au profit des asuras, demandent l'assistance de Vishnu. Celui-ci a une idée : faire coopérer les devas et les asuras (pour le lecteur qui aurait eu le courage de tout lire : cf plus haut l'histoire occidentale des 2 serpents conflictuellement entrelacés et qui finissent par coopérer grâce au bâton d'Hermès). Ce que vise Vishnu : retrouver dans la "mer de lait" le nectar d'immortalité afin que les devas le boivent et deviennent invincibles, tout en expliquant aux asuras qu'ils pourront eux-mêmes l'avoir entre leurs mains ! Pour faire surgir le nectar d'immortalité de la mer de lait, il est nécessaire de mettre celle-ci en mouvement de rotation (la baratter), et pendant très longtemps (1 000 ans). Pour cela, il faut tout simplement faire reposer une montagne (une masse) sur une carapace de tortue (un point d'appui) autour de laquelle on enroule... le roi des serpents ! On dispose alors de 2 "cordes" qu'il s'agit de tirer afin de faire tourner la montagne en appui sur la carapace de tortue, provoquant ainsi le barattage de la mer de lait sur laquelle tout cela est posé. Il faut donc la coopération de 2 groupes pour tirer chaque extrémité enroulée du serpent : les devas et les asuras ! Chacun s'y met donc. Pendant le barattage, la mer de lait produit de nombreux phénomènes inattendus, comme la création de la lune, un cheval blanc, un éléphant blanc, la Vache d'abondance, la déesse du vin, les apsaras (danseuses célestes, voir plus haut au temple Preah Khan une frise d'apsaras), Lakshmi elle-même (déesse de la beauté, épouse divine de Vishnu, dont une incarnation est Sita, l'épouse de Rama dans le Ramayana : cf plus haut), etc. ! ...et surgit enfin le nectar d'immortalité. Les asuras (démons) se jettent en premier sur le nectar et le tiennent effectivement entre leurs mains, Vishnu a tenu sa promesse... Mais Vishnu se transforme alors en une femme merveilleusement belle et, pendant que les asuras, subjugués, en oublient leur priorité, il leur dérobe le nectar et le confie aux devas, qui le boivent et retrouvent enfin leur puissance, précipitant les asuras dans les enfers... On dit que pendant la bataille, 4 gouttes du nectar tombèrent sur Terre en 4 points sacrés de l'Inde, devenus des lieux de pèlerinage...

 

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Changement de décor : on quitte Angkor Wat pour une escapade vers le Lac Tonlé Sap au sud d’Angkor. On passe par un village sur pilotis. Au Cambodge, de très nombreuses maisons en campagne sont construites sur pilotis, même lorsqu’elles sont dans des zones non inondables : l’habitude de l’inondation est devenue aménagement de l’espace : les pilotis protègent l’intérieur des bêtes (scorpions...) et l’essentiel de la vie en journée se déroule sous la maison, donc à l’abri de la chaleur, profitant des (éventuels) courants d’air. On peut y stocker des choses, y attacher des boeufs, bricoler, faire de l’artisanat, y faire la sieste dans un hamac ("l'activité sportive la plus répandue" selon l'un de nos guides), y observer les voisins, etc.

...Mais ici nous sommes réellement en bord de lac dans une zone hautement inondable !

 

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Ici on prépare des poissons séchés : à gauche les poissons pêchés la veille ou dans la nuit, photo suivante le travail de préparation et d’embrochage sur des piques avant de laisser sécher les brochettes de poissons. Il n’y a manifestement pas d’âge pour s’y mettre…

 

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Un certain nombre de Cambodgiens (et d'immigrés Vietnamiens nous dit-on) habitent le lac Tonlé Sap et les rivières affluentes. Certains vivent sur des maisons flottantes. En fonction de la hauteur du lac (qui peut tripler de volume lors de la mousson... et l'inverse en période sèche !), les maisons flottantes doivent être déplacées pour ne pas risquer d’endommager les systèmes de flottaison (des tonneaux) lors des phases d’assèchement. On observe alors des remorquages de maisons flottantes sur le Lac… : l’engin qui fume à gauche remorque la maison de droite…

 

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Dernier temple d’Angkor que nous visitons : le Beng Mealea. En ruine, il a été volontairement laissé tel quel.

 

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Après Angkor, nous avons opté pour un peu de repos à la plage d’Otres près de Sihanoukville. Pas de photo ici, elles seraient de peu d’intérêt, mais une belle eau, une belle plage et un peu de repos pour digérer tout ça avant la fin du séjour…

Remontée de Sihanoukville vers Phnom Penh en passant par Kampot, ex ville typiquement coloniale (française). On fait le crochet par la montagne Bokor (alt. env. 1 000 m) qui abrite un monastère dans la brume. Au loin la mer...

 

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Kampot, dernière étape : petite ville agréable, effectivement très « coloniale » et d’ailleurs pleine de touristes occidentaux, avec le petit côté superficiel qui va avec… mais agréable tout de même !

 

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 Fin du voyage !

 

Posté par Prom à 21:12 - - Commentaires [0] - Permalien [#]